Entre deux commandes, Thomas Carrage, photographe publicitaire lyonnais à suivre, s’est amusé à illustrer un événement très rare. A l’occasion du bicentenaire de la bataille de Limonest,  qui a opposé les armées napoléoniennes et les soldats autrichiens,  plusieurs groupes de passionnés d’histoire et de reconstitution ont voulu marquer le coup en rejouant cet épisode méconnu.

Pas moins de 250 reconstituteurs, spécialisés dans la période Empire, sont venus de toute l’Europe à la fin du mois de février pour revivre la bataille le temps d’un week-end au parc Lacroix-Laval.

Les portraits réalisés par Thomas Carrage valent le détour. En effet, il est rare de voir des photos de reconstitution aussi minutieuses avec une esthétique aussi travaillée.  Nous avons pu profiter de quelques instants avec Thomas pour en savoir plus sur la réalisation de cette série de photos.

 

Flowr : Comment t’es-tu retrouvé dans ce projet ?

Thomas Carrage : Par le biais d’une connaissance au sein de La Brigade Infernale, l’association organisatrice de l’événement. Ils m’ont demandé si cela m’intéressait de réaliser un reportage pendant la bataille, j’ai dit OK mais ce qui me tentait surtout c’était de réaliser des portraits plus posés.  Du coup, pendant la matinée précédant la reconstitution de l’affrontement, j’ai pu explorer le camp et réaliser ces images.

 

F : Au niveau de la préparation, cela s’est passé comment ?

T : Assez facilement ! Comme je connais bien le parc Lacroix-Laval, je n’ai pas eu besoin de faire de repérages. J’ai surtout effectué un travail de documentation, notamment en regardant les photos prises pendant la guerre de Sécession. Je voulais garder cet esprit des photos prises à la chambre et y ajouter ma touche. Je me suis aussi inspiré du travail de Jacques Louis David et des peintres de l’école néerlandaise. Avant de réaliser les photos, j’avais déjà une idée très précise du rendu que je voulais.

Empire - Nicolas Hirsch - Portrait - Reconstitution Bataille 1814

 

F : On sent ce côté très pictural avec un souci du détail assez étonnant.

T : En fait, le mérite revient à ces passionnés qui ont vraiment des uniformes, des accessoires assez exceptionnels ! En plus, certains poussent l’expérience jusqu’à se tailler la barbe ou la moustache comme on en voyait à l’époque.

 

F : Du coup, les prises de vues ont été faciles à réaliser ?

T : Ce n’est clairement pas la phase qui a posé le plus de difficulté. J’avais une idée claire du rendu que je voulais et il m’a suffi d’adapter la mise en scène par rapport à la vision que j’avais.  Chaque photo a demandé à peu près 15-20 minutes de préparation.

 

F : Et côté matériel, tu avais préparé quoi ?

T : Comme il fallait que je reste mobile pour la reconstitution de la bataille, j’ai opté pour l’encombrement minimum : D800E avec 24-70 mm et 70-200 mm. Pour l’éclairage, j’étais équipé d’un Ranger RX d’Elinchrom avec une boîte à lumière. Pierre, un des reconstituteurs, a  endossé le rôle d’assistant pour m’aider au niveau de l’éclairage.

Canonnier belge - Portrait - Reconstitution Bataille 1814

 

F : Vu le temps qu’il faisait ce jour-là, on imagine que le flash a dû chauffer…

T : Oui,  les 1100 joules du Ranger n’étaient pas de trop. Et j’avais prévu le coup en apportant un filtre gris neutre me permettant d’assombrir de 8 diaphragmes. Ainsi, j’ai pu éliminer la quasi-totalité de la lumière solaire sur le sujet pour mettre en avant celle du flash.

 

F : Et une fois les photos prises, tu as eu beaucoup de travail de post-production ?

T : J’ai eu pas mal de boulot pour arriver aux images que j’avais en tête. Chaque photo a demandé quasiment une journée de travail en post-prod notamment pour détourer les personnages. Par exemple, la photo de groupe du bivouac est un assemblage de 3 photos avec le flash situé à un endroit différent à chaque fois. Cela permet d’avoir une vraie mise en avant des visages. Il a également fallu gommer des maisons à l’arrière plan. Bref, j’ai porté une grande attention aux détails pour que le résultat soit conforme à ce que je voulais.

Empire - Scène de bivouac - Reconstitution Bataille 1814

 

F : Quel sera le destin de ces photos ?

T : Il n’y a pas de but précis, l’association La Brigade Infernale en utilisera peut-être pour sa communication et j’aimerais envoyer quelques beaux tirages aux participants. A terme, ce serait sympa d’organiser une expo en y ajoutant des photos inspirées de la période Empire que j’avais déjà réalisées.

 

Merci à Thomas Carrage pour sa disponibilité :) On espère donc pouvoir admirer ces portraits sur de beaux tirages très bientôt !