Nombreux sont ceux qui se sont mis à la photo avec le numérique et qui ont pris leurs marques avec cette technologie. Aujourd’hui, on prend vite l’habitude de shooter en masse, les cartes mémoires encaissant un nombre impressionnant de photos. Retournons un peu vers la photo rare, celle où chaque déclenchement est un moment réfléchi, où on accompagne ses images du début à la fin.

 

Pour ceux qui ne connaissent pas la joie du développement, on vous invite à un petit voyage au pays de l’argentique en compagnie de David Doléac. Ce photographe traine souvent son Contax en concert et développe ses films chez lui. Du coup, on a frappé à sa porte avec une pellicule (de photos de concerts évidemment) et un pack de bières pour une soirée labo !

 

Première étape : placer le film dans la cuve

C’est sûrement l’opération la plus délicate puisqu’elle doit se dérouler dans le noir total afin de protéger le film de la moindre lumière. Il y a plusieurs étapes à franchir : ouvrir le canister (boîtier en plastique qui renferme le film), placer le film sur une spire puis l’enrouler, mettre la spire dans la cuve et la fermer.

 

Film inséré dans la spire

Film inséré dans la spire

 

La spire est enfermée dans la cuve

La spire est enfermée dans la cuve

Une fois cette étape accomplie, on revient à la lumière du jour pour préparer les bains.

 

Deuxième étape : on révèle

La première étape est la révélation du film qui permettra de faire apparaître une image visible sur le film. L’importance dans cette étape est la température du liquide révélateur, l’idéal est une température de 20° C (cela peut varier entre 18 et 22 mais il faudra adapter le temps de bain en fonction).

Vérification de la température du révélateur

Vérification de la température du révélateur

On va verser le liquide révélateur dans la cuve : ce produit chimique va agir sur les cristaux d’argent. Le temps de ce premier bain est notamment défini par le type de film utilisé, et notamment par sa sensibilité. Nous avons apporté un film Ilford HP5+ 4OO dont le temps de révélation indiqué est de 7,5 minutes, mais comme on savait que nos photos étaient un peu sous-exposées, on a ajouté 2,5 minutes de temps additionnel.

En tout la phase de révélation a pris 10 minutes, en alternant des petites phases où on secoue la cuve. Le degré d’agitation fera varier le contraste des images sur le négatif. On vide ensuite la cuve pour la partie suivante.

 

Troisième étape : on stoppe

Plutôt que de laver le film à l’eau claire pour le débarrasser du liquide révélateur, on utilise un bain d’arrêt avec un produit spécifique : de l’acide acétique dilué dans de l’eau.

On verse le bain d'arrêt dans la cuve

On verse le bain d’arrêt dans la cuve

Cet acide permet de stopper net l’action du révélateur. Le temps de cette opération est assez bref (environ 1 minute) mais il faut secouer la cuve en continu pour bien répartir le bain d’arrêt sur tout le film. Et hop, on vide !

 

Quatrième étape : on fixe

Le fixage est une opération cruciale : de la réussite de cette étape va dépendre la durée de vie de vos négatifs. Comme pour les étapes précédentes, on introduit un liquide (un fixateur cette fois-ci) dans la cuve et on secoue pour bien répartir le produit. Le fixateur va figer l’image sur le négatif, ce qui va lui assurer une bonne pérennité. Et on vide la cuve une nouvelle fois !

 

Cinquième étape : on lave

Autre étape d’importance : il faut bien laver le film pour faire disparaître toutes les traces de produit chimique ! Là encore tout est une question de temps et d’agitation de la cuve. Cette opération se fait avec de l’eau claire, et on peut ajouter un agent mouillant à cette étape qui permettra d’optimiser le séchage du film ensuite.

Lavage intensif du film

Lavage intensif du film

Sixième étape : on sèche

On ouvre donc la cuve et on libère le film de la spire. Tadaaaa ! A l’aide de deux pinces (dont une lestée pour bien tendre le film), on suspend la pellicule et on laisse sécher pendant une bonne trentaine de minutes minimum. Bien entendu, on peut déjà regarder le résultat mais il faut attendre que le film soit entièrement sec avant de le manipuler.

Libération du film

Libération du film

 

Septième étape : on coupe

Dans notre cas, il s’agit d’un film de 24 poses, on va donc obtenir 4 bandes de 6 photos. Cela va permettre de les archiver plus facilement qu’en conservant une une longue bande et, surtout, on va pouvoir les scanner illico presto.

Découpe des négatifs

Découpe des négatifs

Huitième étape : on scanne

Grâce à un scanner spécifique (équipé d’un éclairage dans le capot), on va pouvoir numériser les négatifs assez facilement. Suivant la résolution de sortie choisie et la vitesse de votre scanner, le temps de passage varie. Ici, on était à peu près à 20 min par tranche de 12 poses en 6400 DPI.

Préparation des négatifs pour le scan

Préparation des négatifs pour le scan

Et on peut donc ensuite admirer le résultat à l’écran, les importer dans Lightroom pour les légender, les archiver, etc…

Le négatif est numérisé et transformé en positif

Le négatif est numérisé et transformé en positif

Pour ceux qui n’ont jamais essayé, on vous conseille de tenter de mettre la main sur un appareil argentique qui doit traîner au grenier, d’acheter une pellicule et de tenter de la développer vous-même. Si vous avez quelqu’un dans votre entourage qui sait comment faire, c’est le top ! Sinon, il existe des labos photo qui proposent des sessions d’initiation au développement.

Image issue du scan du négatif

Image issue du scan du négatif

 

C’est quand même plus amusant de développer comme ça que de faire glisser des curseurs sur Lightroom… Et face à la frénésie de l’image numérique, faire une petite pause argentique de temps en temps peut avoir du bon pour la créativité !

 

Merci à David pour cette bonne soirée, vous pouvez découvrir ses photos par ici :

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