Le numérique bouscule les schémas économiques existants. On le voit avec les taxis depuis quelques semaines, cela ne se fait pas sans un minimum de casse. La photographie n’est pas à l’abri de cette mutation globale qui s’opère.

Pour accompagner les nouveaux usages de la photo, et sa nouvelle consommation, on voit fleurir ici et là des initiatives. Flowr en est une parmi tant d’autres avec la spécificité d’aider les photographes professionnels ou amateurs à trouver des participants d’autres spécialités pour monter leurs projets. Certaines initiatives se concentrent sur la constitution de books photo numériques, d’autres sur l’apprentissage technique, et on voit arriver depuis quelques mois des « apporteurs d’affaires » pour photographes professionnels.

Ces services qui se présentent comme des agences de photographes deviennent en fait un intermédiaire entre le photographe et son client, qu’il soit un particulier ou une entreprise. Ces plateformes vendent simplement un package plus facilement identifiable pour le client, sous forme d’un coffret ou d’un paiement à la photo. Rien de bien innovant à l’horizon, l’argument principal de ces sites étant : le tarif !

Du coffret de séance photo à 99 € ou sur celui de la photo à 6 € l’unité (avec minimum de 10 photos par commande), l’avantage principal affiché pour le client est celui d’avoir un tarif défiant toute concurrence. Mais, on le voit avec Uber ou avec d’autres innovations précédentes : un nouvel enrobage de prix n’est pas suffisant pour accompagner un réel changement.

La rupture ne se fait pas sur le prix !

Uber n’est pas arrivé en cassant le prix des taxis, il a apporté une nouvelle approche du transport urbain : réservation par smartphone, paiement direct en CB, estimation du tarif avant la course, géolocalisation du véhicule, notation du chauffeur… Autant d’innovations qui font du tarif un paramètre bien secondaire.

Remontons un peu plus loin avec Free qui a imposé l’offre Internet triple play à 30 €/mois. L’opérateur n’a pas proposé une offre existante moins chère, mais il a inclus tellement de nouveaux usages (fourniture d’une Freebox, télévision sur IP avec magnétoscope numérique…) qu’il a créé une réelle rupture dans le secteur, et pas seulement un « nouvel enrobage tarifaire ».

Bref, Uber et Free ont réussi à s’installer dans le paysage grâce à l’identification de nouveaux besoins et à des réponses innovantes à ceux-ci et en se gardant une marge confortable grâce à une maîtrise des coûts liée à ces innovations. Et quand une startup photo avance simplement qu’elle fait « Mieux qu’un photographe pas cher à Paris » puisque « la séance photo est gratuite », on se dit que le problème est pris dans le mauvais sens.

Bien sûr, toutes les pistes méritent d’être explorées mais pourquoi filer un service gratuitement à une clientèle qui, du coup, n’identifie plus la valeur de ce service ? Quelle valeur ajoutée peut-on apporter à quelque chose qui n’en a plus dès le départ ?

Il ne suffit pas d’être le moins cher des moins cher pour prétendre « uberiser » le métier de photographe. Il y a plein d’innovations à mettre en place plutôt que de vendre de la photo à l’unité ou packager du coffret à 99 ou 149 €, qui sont surtout des bidouillages marketing.

Chez flowr, on se creuse la tête pour apporter des réponses à de nouveaux besoins et créer de la valeur autour de cela. Et toi, cher lecteur, tu as des idées pour donner un joli coup de boost au monde de la photo ?