M.A

Cara De Gaucho

C’est dans un petit café situé en Presqu’Ile lyonnaise que nous avons rencontré Matias Antoniassi.

Nous avions découvert son travail il y a quelques semaines de cela, à l’occasion de l’exposition PORTRAIT (s) à Vichy. On était tombé en amour devant sa série de portraits en Argentine et puis, clics après clics, on a trouvé ses photos tellement géniales, qu’on s’est dit qu’une rencontre ne pouvait faire de mal à personne, bien au contraire.

 

Flowr : Une brève présentation pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Matias Antoniassi : Je m’appelle Matias, je suis un argentin de 34 ans, et je vis en France depuis 28 ans. Je suis photographe professionnel depuis 2007. Avant mon métier de photographe, j’étais graphiste, puis j’ai enchaîné les petits boulots dans l’informatique. Il y a encore quelques mois, je contractais plusieurs emplois « alimentaires », mais j’ai fini par arrêter toutes ces activités pour me concentrer uniquement sur ce que j’aime faire le plus : la photographie.

 

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Cara De Gaucho

 

Flowr : Comment décrirais—tu ton travail ?

Matias Antoniassi : Pour être honnête, je n’ai pas l’impression d’avoir un style ; à vrai dire, c’est un peu difficile puisque je ne peux pas être objectif sur mon propre travail. Mais ce qui prédomine dans mon travail, ce sont les portraits. Que ce soit du portrait social, du reportage, du portrait d’entreprise, ou encore de la photo de produit destinée à un usage publicitaire. C’est plus une branche photographique qu’un style photographique. Il m’est arrivé de travailler pour des journaux comme le Libération, Rue 89 ou encore Lyon Capitale. Actuellement, je fais parti d’un collectif, FILTRAGES, qui réalise en majeur partie des portraits sociaux. Et avec eux, j’ai produit des photos de « news ».

Flowr : Parle nous de la série de photos GAUCHOS…

Matias Antoniassi : GAUCHOS, c’est un reportage que j’ai réalisé en janvier 2014 à URDINARRAIN, dans la province de Entre Rios, en Argentine. J’essaye de me rendre en Argentine le plus souvent possible car toute ma famille y réside. J’y ai conçu plusieurs séries de photos, dont GAUCHOS. Il s’agissait d’une fête régionale, la Fête du Cheval, qui a lieu au nord de la province de Buenos Aires. Cet événement réunit tous les gauchos d’Argentine qui viennent accompagnés d’un cheval, parader dans leurs plus beaux habits. Chaque tenue est spécifique à une région d’Argentine. Elle définit également la richesse du gaucho. Plus il y a un vrai travail d’orfèvrerie sur une tenue, et plus le gaucho sera fier. A vrai dire, c’est assez paradoxal car ce sont des gens solitaires qui travaillent dans des champs, et cet événement parvient quand même à réunir plus de 10 000 personnes chaque année.

 

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Cara De Gaucho

 

Flowr : Comment es-tu entré en contact avec eux ?

Matias Antoniassi : La prise de contact a été très simple. Chaque photo a été réalisée sur l’instant, c’était assez instantané. Au départ, je ne connaissais pas ces hommes. Je leur ai donc expliqué le projet puis au fur et à mesure de la discussion, ils me disaient s’ils étaient d’accord ou pas pour être pris en photo. Certains n’avaient jamais été photographiés ! Avant de me rendre à URDINARRAIN, je connaissais l’existence de ce festival, mais je n’étais pas certain de rencontrer les gauchos. Mais le fait de parler la même langue et de venir de France a facilité le contact.

Flowr : Etait-ce volontaire de les assimiler à des héros ?

Matias Antoniassi : Oui, et je dirais même que c’était une volonté de leur part de poser comme des acteurs des années 50 ! Les gauchos sont des cowboys argentins : ils s’occupent du bétail, possèdent de grands domaines. Ce sont des gens rustiques et solitaires. Le plus fou, c’est que c’était très naturel de leur part de poser de la sorte : ils n’ont pas tous la télévision, ni d’ordinateur et de téléphone portable ; donc aucune influence particulière. L’éclairage et le traitement jouent un rôle majeur : je les ai pris en contre-plongée, de façon à mettre en valeur leur regard et leur peau marquée par le soleil.

Flowr : La préparation de la séance photo a été facile ?

Matias Antoniassi : Techniquement, ça a été très facile. Je disposais d’un matériel de qualité, et que je connaissais. La seule difficulté fut la chaleur. Ce jour-là, il faisait près de 48 degrés, il a donc fallut attendre la fin de la journée pour les photographier. Physiquement, ça a été très éprouvant car mon père (qui était mon assistant) et moi-même devions nous déplacer avec tout le matériel, sous un soleil de plomb. Mais ce fut une expérience très enrichissante.

 

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Cara De Gaucho

 

Flowr : Et au niveau du travail en post-production ?

Matias Antoniassi : Ca n’a pas été conséquent, puisqu’il n’y a eu aucun travail de retouche. J’ai cependant retravaillé la couleur. Le rendu « noir et blanc » était volontaire : je souhaitais un rendu mélangeant la photographie du début du 20e siècle avec un rendu (grâce au flash) moderne. J’avais déjà une idée précise quant au traitement des photos, le travail a donc été peu conséquent. Tu remarqueras que sur certaines photos, il n’y a aucune référence chronologique !

Flowr : Quel matériel as-tu utilisé pour ces photos ?

Matias Antoniassi : J’ai utilisé un appareil photo HASSELBLAD, en moyen format, doté d’un capteur qui fait le double de la taille d’un capteur 24/36. C’est un appareil photo de très haute qualité. La série a été réalisée avec une seule source ; j’ai également utilisé des flash autonomes de la marque PRO PHOTO qui sont sur batteries. Ce voyage en Argentine fut une bonne occasion pour tester ce nouveau matériel.

Flowr : Qu’as-tu fait de ces photos par la suite ?

Matias Antoniassi : J’ai participé à un concours photo, FLASH EXPO, organisé à Vichy en même temps que l’exposition PORTRAIT. Pour y participer, il fallait leur envoyer neuf photos. J’ai été sélectionné et j’ai pu exposer dans la partie OFF de l’exposition PORTRAIT. J’ai pu rencontrer les organisateurs, qui m’ont encouragé à montrer davantage mon travail.

 

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Flowr : Quels sont tes projets futurs ?

Matias Antoniassi : En ce moment, je travaille avec ENDETAIL sur un gros projet : on fait de la photo en ultra haute-définition de très grandes oeuvres d’art. On réalise ces photos au sein du Musée des Beaux-Arts de Lyon. C’est une initiative encore jamais vue en France, d’ailleurs. Sinon, je travaille avec le collectif FILTRAGES et actuellement on réalise un reportage photo sur les religions monothéistes et sur le paysannerie. Et en parallèle de ces activités, je continue à travailler pour des entreprises.

 

Vous pouvez retrouver le travail de Matias Antoniassi :

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