Nous avons eu le plaisir de rencontrer Hélène Veilleux, également connue sous le pseudonyme « La dent de l’œil ». Au programme de cet échange passionnant : de l’exploration, de l’interdit et un rapport atypique à la photo… On tente d’en savoir plus sur ce regard en 5 questions… ou presque !

 

1 – Quel a été ton premier contact avec la photo ?

Hélène Veilleux : Un peu par hasard ! J’ai commencé par poser car j’ai « une drôle de tête », puis j’ai été assistante d’un photographe qui me passait son appareil en studio de temps à autre. Mais son décès a été un choc et j’ai fait une pause sans photo pendant un an. Puis je m’y suis remise mais en m’orientant vraiment dans une autre direction.

Il faut dire aussi que l’incident de Fukushima a fait ressurgir mes souvenirs du bloc soviétique (rideau de fer, Tchernobyl…). Et là, je me suis dit « Il faut que j’aille voir Tchernobyl ! »

 

Buzludzha

Buzludzha

 

2 – Ton grand kiff en photo ?

Hélène : Ce sont vraiment les voyages qui m’ont donné envie de faire de la photo. J’ai commencé par le Japon, puis en 2 ans, j’ai enchaîné sur la Bulgarie, la Chine, la Corée du Nord, la Turquie, Tchernobyl… Mais la région lyonnaise attire l’œil aussi avec Le Corbusier, le quartier des Gratte-Ciel, la cité des Etoiles de Givors…

La prochaine destination sera certainement Baïkonour au Kazakhstan pour assister au lancement d’une fusée. J’aimerais voir la mer d’Aral également. J’ai une réelle obsession pour le nucléaire :) Je trouve aussi l’esthétique de la propagande fascinante mais ce n’est pas ce qui me motive en premier lieu.

 

3 – Comment t’organises-tu pour réaliser tes photos ?

Hélène : Pour les voyages, j’emporte un simple sac à dos sans trop prévoir. Il faut dire que niveau matériel, je me limite à un 5DMk2 et deux optiques : un 24 mm et un 50 mm. J’aime bien la contrainte, elle m’oblige à être plus créative. Je pourrais même dire que l’appareil photo est un prétexte, ce qui m’importe c’est d’ouvrir des portes, parler avec des gens…

La Corée du Nord est un bon exemple : on n’a pas le choix de ce qu’on doit photographier, du coup cela donne envie d’y retourner pour voir ce qu’il se passe derrière, dans les coulisses…

Corée du Nord

Corée du Nord

 

4 – Ton plus grand moment photo ?

Hélène : C’est une photo que j’ai faite à la Demeure du Chaos à l’occasion d’une biennale, un moment très fort que j’ai réussi à capter : un homme entièrement nu avec le drapeau japonais sur la tête.

No More Hiroshima

No More Hiroshima

En fait, la photo sert surtout à documenter ma vie, à illustrer ces moments car j’ai une mémoire de poisson rouge…

 

5 – Ton Graal photographique ?

Hélène : Le livre ! Pour moi ce serait vraiment un aboutissement d’être publiée car je suis une vraie bibliophile. J’ai sorti mes premiers tirages en juillet et on redécouvre vraiment ses photos grâce à ce rapport particulier au papier. Je fais quelques expos, notamment Archiphoto à Strasbourg (NDLR : à voir jusqu’au 30 novembre), mais le livre a vraiment une place importante pour moi.

 

Questions bonus :

– Pourquoi « La dent de l’œil » ?

C’est l’un des noms de domaine que j’avais et dont je ne faisais rien. Ce n’est pas vraiment un pseudo ou un nom, mais plutôt un univers. Ce n’est pas moi mais c’est ce que je fais.

 

– Quelle photo ne feras tu jamais ?

La photo de femme enceinte avec des mains en forme de cœur sur le ventre, ça, jamais !

 

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